Gabriel Hippolyte LEBAS (1812-1880)

Vendu

Brigand dans une grotte en Italie, vers 1842
Lavis d’encre brune sur papier
15,3 × 23,3 cm
Signé en bas à gauche HipLeBas

Vendu

Pour des raisons d’homonymie de signature, l’œuvre de Gabriel Hippolyte Lebas est souvent confondue avec celle de son père. Fils de l’architecte Louis Hippolyte Lebas, il ne poursuit cependant pas la vocation paternelle et se forme à la peinture auprès de François Marius Granet. En 1836, il participe pour la première fois au Salon avec une Vue de la vallée de Montmorency et se spécialise dans le genre du paysage naturaliste. Entre 1841 et 1842, il visite l’Italie en compagnie du sculpteur James Pradier. Ce dernier mentionne la présence de son ami à ses côtés dans de nombreuses lettres à Louise son épouse. Bien que non pensionnaire, Lebas fils est reçu à la Villa Médicis par Jean Victor Schnetz, nouveau directeur des lieux après le départ d’Ingres. 

À Rome, les scènes inspirées par le folklore italien sont devenues à la mode depuis que Léopold Robert a popularisé le genre. Ces œuvres, peintes ou dessinées, illustrent la vie des villageois, des musiciens, des moines, ou des brigands dans des décors pittoresques. Tracées au lavis d’encre sur des feuilles de petit format par les artistes voyageurs, elles étaient souvent offertes à leur retour pour remplir les albums amicorum. Lebas se plie à l’exercice avec talent en représentant un minuscule personnage, fusil à la main, au centre d’une grotte dont la voûte est soutenue par d’immenses piliers naturels. L’artiste qui use avec subtilité du lavis d’encre sépia éclaire l’œuvre par la réserve du papier lorsque le regard s’aventure à l’extérieur de la cavité. Creusé à flanc de falaise, l’antre s’ouvre sur la mer. En Italie, la figure du brigand suscite autant l’effroi que la fascination. À l’époque romantique, musiciens, romanciers et dramaturges s’emparent de leurs exploits pour ponctuer leurs œuvres d’histoires d’honneur et de vengeance qui captivent le public dans toute l’Europe. Stendhal dans Voyage en Italie tente de comprendre cet engouement : « tout le monde redoute les brigands ; mais, chose étrange ! chacun en particulier les plaint lorsqu’ils reçoivent le châtiment de leurs crimes. […] Le peuple italien fait la lecture habituelle de petits poèmes où sont rappelées les circonstances remarquables de la vie des brigands les plus renommés ; ce qu’il y a d’héroïque lui en plaît, et il finit par avoir pour eux une admiration qui tient beaucoup du sentiment que, dans l’Antiquité, les Grecs avaient pour certains de leurs demi-dieux ».

À son retour, Gabriel Hippolyte Lebas expose au Salon de 1844 plusieurs vues d’Italie, dont Une grotte aux environs de Pise, sous le numéro 1119 qui peut être mise en relation avec ce dessin. À la fin des années 1840, l’artiste se rapproche des peintres de l’école de Barbizon et installe régulièrement son chevalet en forêt de Fontainebleau pour travailler. Durant les trois décennies suivantes, il multiplie les séjours en Normandie et produit un grand nombre d’aquarelles représentant les côtes rocheuses de bords de mer. Dans ses œuvres, la figure humaine est presque toujours réduite au rang de détail et toujours dominée par la nature qui l’entoure.

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