François Marius GRANET (1775-1849) 

La Main gauche de l’Auteur, vers 1840-1845
Encre et crayon sur papier
19,3 × 26,3 cm
Titré sur le montage La main gauche de l’Auteur

François Marius Granet naît à Aix-en-Provence en 1775. Il entre à l’école de dessin municipale à l’âge de seize ans et a pour maître le peintre Jean Antoine Constantin qui lui transmet sa passion pour l’Italie. Cinq ans plus tard, Granet se rend à Paris avec son ami d’enfance Auguste de Forbin et intègre le prestigieux atelier de Jacques Louis David. Durant son séjour parisien, il se lie à Ingres et Girodet, deux autres élèves de David avec qui il partage un atelier dans le couvent désaffecté des Capucines. En 1802, toujours en compagnie de Forbin, Granet quitte Paris en direction de l’Italie. Après un périple qui dure plusieurs mois, les deux peintres atteignent Rome. Fasciné par la Ville éternelle, Granet y restera jusqu’en 1819. Ingres, qui l’a rejoint en 1806, réalise son célèbre portrait l’année suivante. Durant les dix-sept années passées à Rome, Granet exécute un grand nombre de dessins et de peintures en plein air. De retour à Paris, il expose au Salon de 1819 son tableau le plus célèbre, Le Chœur de la chapelle des Capucins à Rome, peint en 1808. Les œuvres qu’il choisit de présenter lui valent les éloges et sa nomination comme conservateur adjoint du Louvre en 1824. 

Six ans plus tard, Granet devient membre de l’Institut avant d’être nommé par Louis-Philippe directeur des Galeries historiques de Versailles en 1833. Le peintre s’investit pleinement dans cette mission pendant les quinze années qui vont suivre. Il dirige l’agencement des salles à partir des œuvres de la collection, tout en passant commande de nouvelles toiles aux meilleurs artistes de son temps. En marge de ses tâches administratives, Granet produit de nombreuses aquarelles des jardins du château et plusieurs autoportraits le montrant dans sa maturité. Sur ces derniers, l’artiste souvent coiffé d’un simple bonnet se représente humblement. Un jour à son bureau, tandis qu’il rédige peut-être des listes ou signe des actes officiels, l’artiste saisissant une feuille vierge décide de tracer à la pointe de sa plume sa main gauche restée disponible. Répétée trois fois sur la page, elle se décline, simplement posée, retournée ouverte ou tenant un bloc de papier. Le trait assuré est ponctué de hachures et de pointillés qui se resserrent pour foncer la manche de son vêtement dans l’angle supérieur droit. Loin du simple gribouillage de patience, la feuille apparaît dans sa spontanéité comme une synthèse graphique de quarante années passées à dessiner. 

À l’aube de la révolution de 1848, Granet quitte son poste à Versailles et rentre dans sa Provence natale où il décède l’année suivante. Par testament, il lègue l’intégralité de son atelier et de ses collections à la ville d’Aix-en-Provence. Cet ensemble de plusieurs centaines d’œuvres constitue le fonds du musée qui porte aujourd’hui son nom.

Défilement vers le haut