Auguste Charles CHAVARD (1810-1885)

Autoportrait, 1832
Crayon sur papier
25 × 19 cm
Signé et daté en bas à gauche Auguste/Chavard/Xbre 1832.
Né à Lyon le 6 juillet 1810, Auguste Chavard est initié très jeune par son grand-père qui crée des motifs d’étoffes pour les ateliers de soieries locales. Son père, professeur au lycée, lui donne le goût des belles-lettres et lui apprend le grec et le latin. Adolescent, il débute son apprentissage avec le peintre Claude Mathias Soulary avant de se rendre à Paris pour s’inscrire à l’École des beaux-arts en mars 1832. Choisissant Ingres pour maître, Auguste Chavard retrouve dans l’atelier de ce dernier toute une communauté de jeunes artistes d’origine lyonnaise parmi lesquels les frères Hippolyte et Paul Flandrin, Louis Janmot, Sébastien Cornu, Louis Lamothe, Jean-François Montessuy, Michel Dumas ou Jean-Baptiste Frénet. Il n’a alors que vingt-deux ans. Célébré pour son talent de dessinateur et ses portraits d’une grande finesse, Ingres enseigne à ses élèves la primauté du trait et le sens de la retenue. Comme nombre de ses camarades, Chavard appliquant les leçons de son maître s’exerce à l’art du portrait face à son reflet dans le miroir.
Un autoportrait dessiné, le plus précoce connu de l’artiste, porte la date de 1832 précédée de la mention « Xbre », abréviation du mois de décembre. Chavard, qui est alors chez Ingres depuis moins d’un an, montre sur la feuille ses progrès et l’indéniable influence de son maître. Se représentant assis en buste de trois quarts, le jeune peintre fixe son reflet croisant notre regard. Son bras droit tendu sortant du cadre nous laisse imaginer sa main en train de dessiner. Comme dans les portraits les plus célèbres d’Ingres, le visage travaillé avec minutie et détails contraste avec le reste du corps, tracé par des lignes simples à peine ombrées. Vêtu d’un pourpoint ajusté, le jeune homme qui porte fièrement moustache et barbiche ressemble à un artiste de la Renaissance. Dans leurs autoportraits, certains de ses compagnons d’atelier se plaisent également à se représenter en peintres du Quattrocento.
À la fermeture de l’atelier en 1834, suite au départ d’Ingres nommé directeur de la Villa Médicis à Rome, Chavard décide de voyager jusqu’en Suisse, passe par Lyon, puis revient à Paris où il expose au Salon de 1835 un autoportrait peint (non localisé). Quittant à nouveau Paris, l’artiste choisit de s’installer durablement à Nantes à partir de 1837. Là, il se forge une solide réputation de portraitiste et s’initie à l’art de la photographie en réalisant des daguerréotypes entre 1842 et 1843. Durant cette période, il expose ses œuvres, principalement des portraits, aux salons de Nantes, Lyon et Paris. De retour dans la capitale après la révolution de 1848, Chavard poursuit sa carrière sans recevoir de grandes commandes publiques contrairement à ses anciens amis d’atelier. Le peintre, revenu dans sa région natale, termine sa vie à Lyon où il décède à l’âge de soixante-quinze ans.
