Henri ZUBER (1844-1909)

Jeune artiste dessinant sous les arbres, vers 1880-1885
Aquarelle sur papier
25 × 41 cm
En bas à droite, cachet de la signature H. Zuber
Vendu
Henri Zuber, d’origine alsacienne, grandit, entouré d’artistes, dans la célèbre manufacture de papiers peints créée en 1802 par son grand-père, Jean Zuber, à Rixheim. Malgré un intérêt précoce pour le dessin, Henri, une fois ses études terminées à Strasbourg puis à Paris, décide de s’engager dans la marine. Arrivé à Brest en 1861, il entre à l’école navale et fait la connaissance du peintre Auguste Mayer dont il devient l’élève. Les sept années suivantes, le jeune marin parcourt le globe, naviguant jusqu’au Mexique, puis sur les mers de Chine, au Japon et en Océanie. Au cours de ces longs voyages, Zuber dessine les paysages traversés et accumule les carnets. De retour en France en 1868, le jeune homme décide de quitter la marine pour parachever sa formation artistique auprès du peintre académique Charles Gleyre. Tout juste revenu d’un séjour en Italie, il est mobilisé pour défendre Paris pendant la guerre de 1870. Désengagé après l’armistice, Henri Zuber se marie et prend un atelier rue de Vaugirard. En 1873, la publication de ses souvenirs illustrés de l’expédition de Corée lui offre une première notoriété.
Presque exclusivement paysagiste, Zuber participe annuellement au Salon depuis 1869 en exposant d’abord des peintures, puis adhère à la Société des aquarellistes français au début des années 1880. Les sujets de ses œuvres varient en fonction de ses nombreux voyages partout en France. Il retourne plusieurs fois en Alsace après 1874, puis découvre la Bretagne avant de faire des séjours réguliers dans le Midi. Père de quatre enfants, il est à Cannes lorsque son épouse décède en 1881. Sur une grande aquarelle, très lumineuse, l’artiste représente deux élégants garçons au milieu d’une forêt de bouleaux. Peut-être s’agit-il de ses deux fils aînés, Henri et Louis, nés respectivement en 1873 et 1875. Le plus jeune assis dans l’herbe épaisse semble dessiner, tandis que son frère, mains dans les poches, le regarde attentivement. À l’arrière-plan, l’eau claire s’étend sur toute la largeur de la feuille découpée par les troncs fins et élancés des arbres. Une simple barrière de bois sépare le parterre d’une étroite bande blanche. Les bouleaux étant très rares en milieu maritime, la vue doit-être celle d’un bord de lac, peut-être en Alsace ou dans les Vosges, bien qu’aucune annotation ne précise l’endroit.
Au cours des années 1880, l’aquarelle prend une part de plus en plus importante dans le travail de l’artiste. Ses œuvres sur papier exposées à Paris et à Londres par la Société Goupil sont très demandées. Remarié en 1883, Henri Zuber voyage en Hollande d’où il rapporte de nombreuses aquarelles inspirées par les paysages et influencées par les maîtres anciens. Devenu membre du jury du Salon en 1897, l’artiste refusera toujours de présenter sa candidature à l’Académie des beaux-arts.