Attribué à Dominique PAPETY (1815-1849)

Vendu

Jeune pâtre au repos, vers 1837-1841
Huile sur papier marouflé sur toile
29 x 36 cm

Originaire de Marseille, Dominique Papety est d’abord l’élève d’Augustin Aubert avant de rejoindre l’atelier de Léon Cogniet à Paris. Vainqueur du Grand Prix de peinture en 1836, il part pour Rome comme pensionnaire de la Villa Médicis, quand Jean-Auguste-Dominique Ingres en est le directeur. Le grand maître de Montauban a sur le jeune artiste une incontestable influence et reconnaît immédiatement la particularité de son talent. Il peut dire à son sujet que « ce ne fut jamais un élève, [mais] un maître dès qu’il toucha un pinceau » (1). Durant le voyage qu’il effectue de 1837 à 1842 en Italie, Papety remplit ses carnets de dessins sur le motif où paysages, architectures et représentations des types italiens se succèdent. Il réalise également un certain nombre d’esquisses et plusieurs petites peintures de chevalet en plus des œuvres exécutées comme envois obligatoires pour l’Institut durant sa période de pensionnat.

Adossé aux restes d’un mur de brique, un jeune berger s’accorde un moment de repos. Le jeune homme aux cheveux noirs et à la peau rougie par le soleil romain est tout juste vêtu d’une peau de mouton. Il a abandonné son chapeau et son bâton de marche sur le sol. Perdu dans ses pensées, le pâtre dirige sa main droite vers un jeu d’osselets. À l’arrière-plan, l’aqueduc Claudien se poursuit dans la campagne du Latium dominée par les montagnes et un ciel sans nuage. Parmi les sujets imposés par l’École, la « figure d’étude » constitue l’un des exercices obligatoires pour chaque pensionnaire, à l’image de L’Homme assis au bord de la mer que peint Hippolyte Flandrin à la même époque (2). Le Jeune pâtre au repos de Papety pourrait constituer une première étude pour cet exercice. On retrouve dans cette œuvre de petit format les germes du Rêve de bonheur, immense toile à laquelle le peintre travaille déjà en Italie et qu’il expose au Salon de 1843 (3). Fortement influencée par l’utopie socialiste de Charles Fourier, cette œuvre monumentale est conçue comme une illustration de l’harmonie universelle. Outre les caractéristiques physiques, le personnage central de la composition partage avec la figure du jeune pâtre, une pose proche, bien qu’inversée.

De retour à Paris, Papety semble promis à une brillante carrière. Rêve de bonheur est largement commenté par les critiques au Salon et la reine Marie-Amélie lui commande à titre privé une œuvre de piété. Les dernières années de la courte vie du peintre seront consacrées à voyager, en Grèce principalement, où il visite les vingt-trois monastères du mont Athos. En Morée (actuel Péloponnèse), il contracte le choléra et doit cesser de travailler. Il meurt des suites de la maladie en 1849 à Marseille, auprès de sa famille.

(1) Paul Masson (dir.), Encyclopédie départementale des Bouches-du-Rhône, tome XI, Archives départementales des Bouches-du-Rhône, 1916, Marseille, p. 378.
(2) Hippolyte Flandrin, Jeune homme nu assis au bord de la mer. Figure d’étude, 1835-1836, huile sur toile, 98 x 124 cm, Paris, musée du Louvre.
(3) Dominique Papety, Rêve de bonheur, 1831, huile sur toile, 366 x 632 cm, Compiègne, musée Antoine-Vivenel.

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