Léon BENOUVILLE (1821-1859)

Le Départ de Protésilas, vers 1851
Pierre noire et rehauts de craie blanche sur papier
42 × 25,2 cm
Cachet de la vente Achille Benouville au revers (L. 228c)

Tracé à la pierre noire et relevé de craie blanche, le jeune homme qui avance bouclier à la main en regardant derrière lui est un héros grec du nom de Protésilas. Son histoire, peu connue et rarement illustrée, se déroule dans le cadre de la mythique guerre de Troie. Protésilas originaire de Thessalie, vient d’épouser Laodamie lorsqu’il est appelé à partir pour la guerre. Abandonnant sa jeune épouse pour servir sa patrie, c’est lui qui le premier pose le pied sur les plages de Troie. Conformément à la prédiction d’un oracle il est aussi le premier à mourir sous les coups d’Hector. Laodamie, inconsolable, fit sculpter un mannequin de cire à son image et ne le quitta plus. Son père la voyant dépérir de chagrin jeta la sculpture dans les flammes et la jeune femme poussée par le désespoir suivit l’effigie en mourant brûlée vive.  

En 1851, Léon Benouville qui effectue sa dernière année de pensionnat à la villa Médicis, choisit comme sujet pour son ultime envoi de Rome, l’histoire du Départ de Protésilas. L’œuvre présentée au Salon de 1852 ne reçoit que peu d’éloges et reste la propriété de l’artiste jusqu’à sa mort sept ans plus tard. Ce revers de gloire est cependant rapidement occulté par le succès de son Saint François d’Assise exposé l’année suivante au Salon. La toile est mentionnée une dernière fois sous le titre de Protésilas, lors de la vente qui fait suite au décès prématuré du peintre en 1859. L’œuvre n’ayant jamais été gravée et très peu commentée il était difficile de se faire une idée précise de sa composition avant sa redécouverte en 2012 dans la mairie d’Hermes, une petite ville de l’Oise.  

Depuis cette date plusieurs dessins préparatoires pour cette œuvre ont pu être identifiés et permettent de mieux comprendre l’évolution de sa composition. Laodamie, dont la pose finale ressemble à celle de la Pénélope de Jules Cavelier (son envoi de Rome en 1848), était debout dans les premières études. Plus bas, Protésilas qui avançait d’un pas volontaire, portait lui-même son bouclier. Dans la version définitive, un soldat barbu et coiffé d’un casque tient le bouclier et entraine le jeune héros visiblement moins décidé à quitter son épouse pour partir au combat.

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