Achille BENOUVILLE (1815-1891)

Paysage à la cascade, vers 1860-1870
Huile sur toile
65 x 54,5 cm
Signé en bas à gauche ABenouville.

Vendu

Le XIXe siècle voit évoluer toute une série de fratries d’artistes : les Flandrin, les Johannot, les Devéria, ou encore les Benouville. Achille et Léon Benouville, nés respectivement en 1815 et 1821, se forment tous deux auprès d’Édouard Picot. Fait rare, ils remportent tous les deux le Prix de Rome la même année en 1845 : l’aîné pour le paysage historique et le cadet pour la peinture d’histoire. Débute alors pour eux le célèbre voyage des lauréats en Italie. Si à la fin de leur pensionnat à la Villa Médicis, Léon rentre en France pour mener une carrière officielle, Achille passera lui en Italie les vingt-cinq années qui vont suivre. Même absent, il expose régulièrement ses toiles au Salon avec quelques périodes d’interruption comme entre 1855 et 1863.

Hormis quelques portraits, la production d’Achille est entièrement dévolue au paysage, d’abord dans la région parisienne autour de Compiègne et de Fontainebleau, puis essentiellement en Italie. Toujours domicilié à Rome, l’artiste passe néanmoins ses vacances dans les Pyrénées, probablement pour la première fois en 1862. Définitivement revenu en France en 1871, il continue d’explorer cette région au moins jusqu’en 1875. Il exposera au Salon à Paris des œuvres inspirées des lieux rencontrés durant ces voyages, tant dans les Basses que dans les Hautes Pyrénées, comme le château de Lugagnan, Ixtassou ou encore le pic du Midi de Bigorre.

Son amitié avec le peintre Camille Corot, qu’il accompagne à Rome en 1843, influence durablement son style. Arpentant la campagne, le peintre réalise une multitude de vues en diversifiant les techniques : dessins à l’encre ou au crayon, souvent in situ, pastels et aquarelles pour des œuvres souvent très abouties et enfin l’huile. Probablement dans le sud de la France, Achille Benouville représente une fine cascade sur une toile de grande dimension à ce jour inédite. La nature paraît paisible et inhabitée, malgré la minuscule présence d’une femme habillée de rouge et blanc qui est allongée à proximité du lac formé par le barrage naturel. Des nuages blancs et gris ponctuent le ciel jusqu’à l’horizon où semble émerger une basse montagne traitée dans un bleu foncé. La flore, constituée d’arbres feuillus, semble exclure que l’on soit en Italie et son traitement montre l’influence de l’école de Barbizon.

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